Autour d'un film

Description

L'animatrice et l'animateur responsables de l'atelier sont Simone et Claude Encrenaz :  

Le groupe se réunit le deuxième mardi de chaque mois à la Maison des Associations Le Coutaller, 2ème étage, salle 223 ou salle 105 on vous tiendra au courant, de 14h30 à 16h30, hors vacances scolaires. Les séances sont réservées aux membres de l'UTL-PL en possession de leur carte d'adhérent. Les séances peuvent être suspendues durant les congés scolaires ou universitaires.

Lors des réunions, nous ouvrons un débat, nous analysons et critiquons les films retenus. Tous les types de cinéma sont abordés.

Pour le premier atelier en octobre, les titres, en fonction de l'actualité cinématographique, sont communiqués aux adhérents lors de leur sortie en salle au Cinéville de Lorient environ 2 semaines avant l'atelier pour que vous puissiez les voir.

Ensuite, nous choisissons ensemble à la fin de chaque atelier 2 films à voir à la fin de chaque atelier, pour l'atelier suivant.

Une fois dans l'année (généralement en juin), nous proposons d'aller ensemble voir un film à Cinéville et nous en débattons ensuite autour d'un café Scénario juste à côté.

 

Pour l'atelier du 10 novembre 2026 nous vous proposons :

En Russie, en 2022, Gleb, chef d’entreprise aisé à la magnifique maison, où il vit avec sa femme Galina et son fils Serioja, est convoqué par le maire de sa ville de province pour désigner 14 employés à mobiliser pour l’« opération spéciale » en Ukraine. Alors qu’il tente de composer avec cette obligation, il soupçonne également sa femme, de plus en plus distante, d’adultère, et engage un détective…
Il faut dire qu’en ajoutant en fond de cette histoire de famille, la guerre en Ukraine vue du côté russe, "Minotaure" prend une dimension proche de la radiographie d’une société sous cloche, presque désemparée, qui sait ce qui est en jeu, mais n’ose le nommer. Soutenu par une photographie somptueuse, ce drame de haute tenue s’ouvre sur le caractère idyllique du cadre familial dans lequel semble évoluer Gleb, le père de famille : une maison sublime, en forêt, au bord d’un lac. Mais rapidement le contexte s’exprime : avec la perspective d’une mobilisation, des employés ont fuit la Russie, et le patron comme d’autres, se pose des questions autour d’autorisations de travail à distance pour ceux-ci ou de lettres de démissions non datées, afin de ne pas perdre définitivement de précieuses compétences ni des collaborateurs devenus proches. Et les images de bombardements ou de files de voitures en direction de la Géorgie viennent renforcer une sensation de débandade qui imprègne ici tout le début du film.

En triplant l’intrigue (au-delà de la question du mari face au potentiel amant de sa femme) par les ennuis du fils à l’école, auquel le père indique initialement que « celui qui déclenche » la bagarre est « celui qui a perdu », c’est bien entendu un parallèle avec l’attitude de Poutine lui-même qui est ici dressé. L’implacable scénario peut alors interroger l’attitude du père, présenté d’abord sous un jour potentiellement favorable, en cherchant à éviter, à ceux qu’il dit connaître, ce sort de mobilisé potentiellement funeste. Mais derrière le masque de l’honnête homme, réfléchi et héritier d’un certain paternalisme, pourrait bien se cacher un autre monstre d’arrangements et de manipulations.

Portrait glaçant d’un oligarque sans scrupule, dénonçant en toile de fond l’hypocrisie d’un régime qui protège les puissants au détriment de ceux qu’il envoie au combat, "Minotaure" gratte là où ça fait mal, retournant les arguments mêmes des riches, en les qualifiant d’ « assistés », incapables de rien faire eux-mêmes, et brocardant finalement un régime qui contribue à faire ressortir les plus bas instincts. Offrant ainsi une belle parabole, à de multiples niveaux, sur la nature du vrai « perdant » du conflit, "Minotaure" est le film indispensable de cet automne.

Olivier Bachelard Abus de ciné

D’une histoire d’adultère empruntée à Chabrol, le cinéaste russe tire une allégorie féroce et subjuguante de son pays rongé par l’autocratie. Grand Prix à Cannes, le film représentera la France aux Oscars. Minotaure est hitchcockien (Le crime était presque parfait et Psychose ne sont pas loin). C’est aussi du pur Zviaguintsev, réalisateur russe révélé par Le Retour, superbe premier long-métrage, lion d’or à la Mostra de Venise en 2003, et consacré à Cannes avec ses films suivants (Le Bannissement, Elena, Léviathan, Faute d’amour).  Toute la brutalité de la Russie de Poutine dans un film magistral.
 

 

Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche... et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.


Christophe, 11 ans, pousse de travers. Ce n’est pas une métaphore des difficultés de l’adolescence, c’est une réalité physiologique. Le gamin penche, telle une version humaine, ébouriffée et effrontée de la tour de Pise. Tant et si bien que parfois il s’écroule, comme entraîné par le poids de sa tête. Ça lui prend n’importe quand, n’importe où. En classe. À l’église, où il est enfant de chœur. Dans la ferme familiale. Et même en plein champ, alors qu’il apprend à conduire le tracteur de son père. C’est drôle, et catastrophique.

Au début, dans son petit monde rural — un village de la Beauce, au milieu des années 1980 —, personne ne prend au sérieux ce problème de gravité, ni la gravité du problème. Christophe se fait enguirlander, pas le temps pour ces bêtises, alors que ses parents sous pression se mettent à l’agriculture céréalière intensive. Et puis le diagnostic tombe, comme un verdict : garnement non coupable, mais condamné à porter un corset pour redresser sa colonne vertébrale.

Célébré cette année à Cannes (Prix spécial du jury dans la sélection Un certain regard) et à Annecy (Prix du jury), ce merveilleux dessin animé offre un rare et exaltant paradoxe. D’abord, il embrasse avec tact et vivacité la réalité d’un quotidien : celui d’un gamin à la fois ordinaire et inoubliable, d’une famille, d’une époque, d’un contexte sociologique précis. Mais, dans le même mouvement, il use aussi, avec brio, de toute la puissance d’évocation de l’animation, sa réserve de poésie et de liberté graphique, ses ombres à l’aquarelle, ses lumières éblouissantes, ses traits fluides à l’encre de Chine. Les champs filent sous des ciels immenses, les personnages s’incarnent avec sensibilité. Souvent, les émotions bouleversent l’image, sens dessus dessous, comme lorsque la colère ou les frustrations du jeune Christophe renversent littéralement le décor, qui chavire tel un bateau ivre.

Voilà, bons films et au 10 novembre, on devrait rapidement savoir si on reste dans la salle 223 ou si on bascule dans la salle 105, on vous tiendra au courant.

Bien amicalement

Simone et Claude

 

 

Détail
Animateurs/Professeurs
  • Claude ENCRENAZ
  • Simone ENCRENAZ
Lieu
le 2ème mardi du mois à la Maison des Associations Le Coutaller, 2ème étage, salle 223 ou 105, hors vacances scolaires
Durée
02h00
Session
Prix
Atelier gratuit
Nombre de places
34